Marie-Flore ne ressemble à personne et personne ne ressemble à Marie-Flore.
Minois de chat au cœur écorché, regard bleu cristallin et timbre à nulle autre pareil, elle est l’une des rares artistes capables de passer de la folk électrique à une pop teintée d’urbanité, à chaque fois poétique.

Avant de parler au présent, celui qui nourrit le plus la musique de Marie-Flore, revenons sur son passif musical. Des parents fans de Joan Baez, à qui elle doit son prénom. Huit ans de Conservatoire où elle apprend le violon. Une appétence pour l’image et la mode, qui lui vaut de faire ses armes plusieurs années au studio de création de la maison parisienne Kitsuné, sans oublier d’enregistrer son premier album anglophone, By The Dozen, paru en 2014. Un retour à la langue française en 2017 avec l’EP Passade Digitale, tandis qu’elle réalise aussi des collages sous influences minimalistes ou des bijoux unisexe à la fois épurés et massifs. Slasheuse ? Surtout pas. Adepte d’une approche pluridisciplinaire, Marie-Flore s’investit sans se ménager dans les territoires artistiques qui la passionnent.

Cependant, son cœur appartient d’abord à l’écriture, ce dont témoigne l’album Braquage, récit musical et autofictionnel d’un amour dysfonctionnel, étape après étape. « Je n’écris jamais sans vouloir dire quelque chose ». C’est-à-dire le coup de foudre, le quotidien dévorant, l’attente, les accidents, la trahison, la détermination à rester ou à quitter l’élu déchu. Bref, l’amour et la violence racontés, et c’est là la grande force de Marie-Flore, avec un langage direct, cru parfois, absolument assumé : « l’apaisement ce n’est pas ce que je recherche ». Ce qu’on entend dans « M’en veux pas » « Presque île » ou « Tout ou rien », brillant des mots travaillés à l’épure : «Ouais chéri, je fais de la peine à voir depuis que j’ai le cœur sur le départ, mais tu sais comme il est si rare, d’aimer si vite sans crier gare…» ou encore « Mon amour c'est quoi ton parfum, j'ai l'impression qu'ça sent la fin ».

Auteure, compositrice, interprète, multi instrumentiste, maniant aussi bien l’organique que l’électronique, Marie-Flore est une amatrice de pop sous toutes ses formes. Elle est d’abord férue de grands classiques : The Velvet Underground, dont elle cultive les même thématiques vénéneuses, Leonard Cohen, sa référence ultime en termes de poésie, Gainsbourg aux jeux de mots sensuels et Christophe, bienveillant mentor avec lequel elle partage la même exigence – tant du point de vue sonore que textuel. Cependant, elle avoue une « addiction » pour le cloud rap façon Damso, Lomepal, mais aussi Dua Lipa et Lana del Rey, esprit belle des nuits oblige. Pas de snobisme, seulement un respect des chansons qui accrochent les tripes. Comme les siennes : « Si ça te passe en 10 jours, c'est qu'j’en valais pas le détour / Qu'on frôle l'erreur de parcours / Moi j'suis poids plume, t'es poids lourd ».

Parce que pour elle, l’image va de pair avec les mots, l’univers visuel de Marie-Flore convoque moult registres, s’inscrivant dans la lignée des directrices artistiques à fort tempérament telles Petra Collins et Nadia Lee Cohen, garantes d’une iconographie colorée, tantôt documentaire, tantôt théâtrale. La vérité déguisée, les masques tombés : comme dans Braquage, un album sur lequel on pleure, on danse et on obéit aux multiples variations de tempos. On chante aussi, sur des paroles façon punchlines à l’image de Marie-Flore, fragiles et puissante à la fois : « Pour toi j’suis quoi au juste ? Un arrêt de bus de plus ? Tout le monde descend : terminus. » A la production, Antoine Gaillet, Omoh, PL Faure et Robin Leduc, qui ont chacun à leur manière accompagné la jeune femme dans ses pérégrinations phoniques.

Aguerrie aux sunlights, Marie-Flore va défendre cet album sur scène comme jamais auparavant, gardant un œil sur ses précieux instruments tout en laissant le premier rôle à sa fine silhouette de Lolita alone in Babylone, et à une scansion singulière inédite jusqu’ici. La performance est un art qu’elle maîtrise, ayant fait ses armes auprès de Peter Doherty, Baxter Dury ou Julien Doré… Sensuelle, défiante, ironique, séduisante : littéralement hors du commun, Marie-Flore prend d’assaut nos cœurs, qu’elle va « briser en mille tâches de rousseur », tel qu’elle l’annonce dans « Braquage ». On est prêt à succomber.


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